Fermeture agences EDF

Le fournisseur historique d’électricité EDF avait annoncé en 2017 la fermeture de toutes ses agences en France d’ici 2019 pour mieux se focaliser sur son service client téléphonique et en ligne.

Une conclusion inévitable

En 2016, le géant de l’énergie EDF n’avait plus que 77 boutiques – ou agences – présentes sur le territoire français. Aujourd’hui, elles sont toutes fermées. La raison principale ? Le manque de rentabilité évidemment. En effet, EDF réalise près d’un milliard d’économies via la fermeture de ses agences, une décision qui mène environ 420 employés à une perte d’emploi.

En effet, le fournisseur historique a compris que garder ses agences en France était trop coûteux et que seulement 1 % des clients passaient par une boutique pour souscrire un contrat ou poser des questions. Face à la montée en puissance des services clients téléphoniques ou en ligne, c’est une évidence, et cela ne change en rien la disponibilité de ce dernier. Ainsi, les résidents de Limoges, Perpignan, Toulon ou Nîmes par exemple doivent utiliser ces nouveaux canaux de communication pour entrer en contact avec  leur fournisseur d’électricité.

Autre argument : l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence et l’attendue fin des tarifs réglementés de vente de gaz naturel et probablement d’électricité. Autrefois unique fournisseur d’électricité en France, EDF n’a désormais plus besoin de s’assurer une présence sur tout le territoire puisque les consommateurs ont désormais le choix du fournisseur qu’ils souhaitent.

Un choix qui fait débat

fermeture agences edf

Si les démarches en ligne ou par téléphone sont désormais légion, certains consommateurs ne jurent que par le contact humain : la fermeture des agences EDF les oblige alors à réaliser leurs démarches via des moyens qu’il ne maîtrisent pas forcément, notamment par internet. Même combat pour les usagers ne bénéficiant pas forcément d’une connexion internet.

Alors évidemment, les syndicats – la CGT Energie et la Force Ouvrière en tête – ne l’entendent pas de cette oreille. Si une réelle résistance n’a pas été organisée, certaines agences continuent tout de même de vivre… par intermittence. C’est notamment le cas à la Courneuve en Seine-Saint-Denis, où l’agence EDF autrefois présente continue de recevoir des clients, pris en charge par des agents militants de la CGT.

Ces militants se voient comme un intermédiaire entre le fournisseur et ses clients, qui sont parfois déçus de l’inaccessibilité du service client d’EDF. Malgré la présence d’huissiers et une interdiction formelle du géant de l’énergie d’occuper ces agences, les militants ne faiblissent pas, et continuent à réclamer la réouverture de ces dernières.

Le symbole de la perte d’hégémonie d’EDF

On l’a dit, le marché de l’énergie est désormais ouvert à la concurrence – et ce depuis 2007 – et bon nombre de fournisseurs dits alternatifs se sont engagés à proposer des tarifs plus avantageux que le TRV d’EDF. Ce dernier, auparavant unique fournisseur d’électricité en France, a ainsi dû s’adapter pour diminuer au mieux la fuite de ses clients.

Pari à moitié gagné pour le fournisseur historique : malgré ses offres au prix de marché qu’il propose, EDF a perdu 1 million de clients en 2018, au profit des fournisseurs alternatifs Engie, Direct Energie, Total Spring ou encore Eni. EDF n’a plus le monopole de ce marché, et il est donc logique d’assister à son retrait via la fermeture de ses agences.

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calendrier 28 mars 2019

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